La démesure de Céline Raphaël

La démesure de Céline Raphaël

« Je ne voulais pas décevoir mon père. »

Synopsis :

Céline est privée de nourriture, battue des années durant, enfermée. Elle craint chaque week-end pour sa vie, travaille, travaille encore, pour briller et jouer les pianistes prodiges en gardant le secret sur l’horreur de sa vie familiale et, autour d’elle, un silence assourdissant. Comment suspecter l’horreur de la servitude sous les atours de l’excellence ? L’exigence absolue de la perfection qui devient justification de tous les excès et de tous les abus et qui mystifie l’entourage d’autant plus facilement que cette esclave n’est pas affectée à une tâche de souillon mais à une production artistique réservée aux élites ?

Quelques petites infos :

  • Editeur : Poche
  • Sortie : Juin 2015
  • Nombre de pages : 240

Mon avis :

On suit donc Céline, une petite fille qui, comme tous les enfants, réclame l’attention de ses parents et encore plus à la naissance de sa sœur Marie. Pour essayer de la distraire, son père va lui acheter un piano. A deux ans et demi, Céline qui est une enfant assez précoce va commencer son apprentissage. Elle se montre assez douée et son père va donc très vite devenir très obsédé par son travail, quitte à la faire travailler plusieurs heures par jour dès son plus jeune âge.

Si vous me suivez sur facebook, vous savez que j’ai obtenu ce livre grâce à un troc via les réseaux sociaux en juin 2016. Habituellement ce n’est pas du tout ce que je lis. Je trouve qu’on voit déjà bien assez de misère autour de soi, parfois même en sortant dans la rue, je n’ai pas besoin de retrouver tout ça dans les livres. Pour moi, lire est synonyme d’évasion. Mais je ne veux pas faire partie de ces lecteurs à l’esprit étriqué. J’ai donc intégré le récit de Céline Raphaël dans ma PAL du challenge « French read a thon » session juillet 2016, en me disant que c’était justement l’occasion de le lire, pas sûr que je l’aurai fait sinon.

Je me suis donc lancé avec une certaine appréhension. Dans la vie de tous les jours je suis quelqu’un d’assez sensible et passionnée. Je m’attendais donc à beaucoup pleurer. Pour être tout à fait honnête, j’ai été très mal à l’aise pendant ma lecture car j’avais l’impression de violer l’intimité de l’auteur. Son histoire n’est pas du tout romancée, elle ressemble plutôt à un journal intime ; on y apprend tout ce qu’il lui arrive à partir de ses deux ans et demi. Pour autant je dois saluer son immense sang-froid. On sent que ce livre n’est pas une thérapie pour elle ; elle expose les faits tels qu’ils sont et inclue des petits apartés sur ce que ces expériences ont engendré sur sa vie actuelle. Elle sait prendre aussi beaucoup de recul sur toutes les personnes de son entourage y compris son père.

Avant de continuer à vous décrire mon avis, je tiens à vous dire que d’ordinaire j’attends un ou deux jours après avoir terminé ma lecture avant d’écrire la chronique pour vous donner un avis plus objectif. Pour celle-ci, je la commence avant même d’avoir terminé. Je pense vraiment que les avis sur ce type de lecture sont vraiment personnels. Chacun le ressent à sa manière selon son caractère, sa personnalité et son vécu. Alors je ne pense pas pouvoir donner un avis objectif.

Quoi qu’il en soit, je pensais pleurer et finalement je me suis retrouvée en colère pendant toute ma lecture. Pas en colère contre elle ou son entourage ou même encore son père. Non, juste en colère contre la nature humaine, contre cette violence inouïe que je ne comprends pas. J’ai aussi beaucoup appris grâce à l’auteur et je l’admire vraiment. Elle a su transformer son histoire et ses années de souffrance en un combat pour que tous les moyens soient mis en œuvre pour détecter et intervenir au plus tôt chez les enfants souffrant de maltraitance.

L’auteur parle en effet plusieurs fois de toutes les petites pistes qu’elle a laissées à différents instituteurs, professeurs, amis de la famille, pour qu’on lui pose ne serait-ce que la question « Est-ce que ça va ? ». Et elle a dû attendre d’atteindre l’âge de 14 ans et d’être anorexique pour que quelqu’un se préoccupe de son état. Et encore ! Céline Raphaël a dû se battre pour qu’on la croit, et ce malgré la culpabilité et la honte de déballer tout ça à des inconnus et de faire souffrir les membres de sa famille.

Vous l’aurez donc compris, j’ai été très touchée par ce récit. Il y a un vrai message d’espoir pour ces enfants qui subissent des maltraitances : oui il est possible de relever la tête et d’arrêter tout ça. Et j’y trouve aussi des conseils de prudence vis-à-vis des aprioris qu’on peut avoir, notamment par rapport à la condition sociale.

Bref, je ne veux pas vous en dire plus parce que c’est un livre qui gagne vraiment à être lu. Je ne peux décemment par dire que j’ai « aimé » ce livre parce que le sujet est vraiment trop grave pour ça donc je ne mettrai pas de notes exceptionnellement. (Comment noter la souffrance d’une petite fille et d’une jeune femme ?) Mais pour ceux qui aiment ce genre de lecture je le conseille vivement. Juste un petit conseil si vous souhaitez plonger dans la vie de cette jeune femme, ne faites pas comme moi, laissez-vous emporter par ses paroles sans aprioris, vous n’en avez pas besoin ici.

Publicités

2 réflexions sur “La démesure de Céline Raphaël

  1. Pingback: Indes des chroniques littéraires |

  2. Pingback: Index des chroniques littéraires |

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s